De chaussure.
Je suis une fille. Une de celles qui entrent chez San Marina et qui ont les yeux qui partent dans tous les sens. Une de celles qui essaient une paire, puis sept autres, tout en sachant que de toute façon c'est avec la première qu'elles partiront. Mais il faut bien vérifier que c'est bien la première qui plaît vraiment. Alors on essaie, on essaie, la vendeuse affiche un sourire de plus en plus crispé, et se détend quand finalement, on dit, après avoir fait une moue dubitative (quitte a jouer la pouffe, autant le faire à fond), que mmmoui, je crois que je vais prendre les premières, le jolies petites beiges qui ont un talon aiguille de dix centimètres... Celles que je vais maudire les dix prochains jours parce qu'elle me feront mal aux pieds, mais qui sont tellement jolies...
Et puis finalement ce sont elles qui m'ont choisies, elles m'ont envoyé des ondes; alors quand on se retrouve avec un arsenal d'ondes qui émanent de ces chaussures magnifiques, que peut-on faire d'autre que d'ouvrir son porte-monnaie, en extraire une carte bancaire, la passer dans la machine, composer le code sans broncher (avec un air du genre "bah, je débourse bien plus que ça tous les jours" pour faire la snob, alors que l'on sait très très bien que l'on est en train de vider son compte en banque et que l'on n'aura plus assez pour le paquet de clopes de ce soir...), et remercier la vendeuse avec son sourire le plus aimaaaaable, en lui souhaitant une bonne journééééée...?
Rien, rien, on ne peut décemment rien faire d'autre!!!
Tel est le destin d'une fille comme les autres... Victime des vibrations attirantes émanant des chaussures...