L'étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,
L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins,
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles,
Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain.
Arthur Rimbaud
LE SERPENT QUI DANSE
Que j'aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter ta peau!
Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,
Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille,
Pour un ciel lointain.
Tes yeux, où rien ne se révèle
De doux ni d'amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
L'or avec le fer.
A te voir marcher en cadence,
Belle d'abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d'un bâton.
Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D'un jeune éléphant,
Et ton corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l'eau.
Comme un flot grossi par le fonte
Des glaciers grondants,
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,
Je crois boire un vin de Bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D'étoiles mon cœur.
Baudelaire
C'est marrant quand même.
Ca fait trois ans que l'on se connaît sans se connaître. Trois ans que l'on s'entend pas trop mal, trois ans que l'on se raconte nos vies et qu'on se donne des conseils. Trois ans qu'on habite pas bien loin l'une de l'autre. Et trois ans qu'on ne le sait pas.
Enfin, non. Maintenant, on sait. Et je m'étonne que le courant passe. Rien d'étonnant en soi, vu que ça fait trois ans qu'on est copines sans l'être.
Et c'est marrant que l'on se soit aperçues de tout ça maintenant. A ce moment-là de nos vies. Elle a réellement déboulé dans ma vie au bon moment. Et franchement, aujourd'hui je peux le dire - le
monde est ridiculement petit. Je ne savais pas à quel point.
Ce n'est pas un langage codé. Ceux qui savent, comprendront. Les autres n'ont pas forcément besoin de savoir.
Je disais donc, elle a débarqué dans ma vie, et je me suis retrouvée propulsée au milieu de crêpes, de bisoutages (!), de tequila (enfin, ça, ça a juste empiré avec elle), de transmissions de
pensées, de marche (beaucoup de marche, en talons qui plus est), de voyages (oui, je sais....), de pièces de théâtre (soit loupées par manque de places, soit très réussies avec plein de
mecs à poil sur scène).
Et puis, à côté de cette franche rigolade, il y a d'autres choses auxquelles je ne m'attendais pas forcément. Pas mal de goûts en commun, une compréhension mutuelle, une sincérité désarmante, une
complicité, et un grain de folie.
C'est tout bête, mais je suis heureuse qu'une personne comme elle ait fait son apparition dans ma vie.
Alors voilà, on accueille la petite nouvelle - Celle Qui Ne Mange Que Des Crêpes Sucrées!
Je sais pas.
Oui, globalement ça va. Je prends soin de moi, j'avance, je me sens plutôt bien, je vais même en cours (oui, je sais bien que ça ne fait que 2 jours que l'uni a repris, mais en ce qui
me concerne, être déjà allée à un (1) cours, c'est héroïque), je vois mes amis, je rigole, je me suis encore engueulée avec le GFD, je me trouve jolie, je mange, je bois, je fume, je
m'aime, tout va bien quoi.
Mais, je sais pas. Y a un truc qui passe pas. Un noeud quelque part, un truc qui grince. A moitié de la nostalgie pour les bons souvenirs, à moitié de la haine de m'être fait avoir encore une
fois. Le tout saupoudré d'une peur omniprésente. La peur de ne pas retrouver des bons moments, la peur de ne pas être heureuse encore, la peur de ne pas pouvoir rendre quelqu'un heureux (le
quelqu'un, on parle bien des hommes, je n'ai pas viré de bord). C'est une peur ridicule, je vous l'accorde. Bien sûr, je serai encore heureuse, bien sur quîl y aura encore de l'amour dans ma vie.
Mais voilà. J'y ai tellement crû cette fois et je l'ai perdu. Enfin, non, pour être précise, on me l'a enlevé.
Alors, bon, je l'entends régulièrement, je suis quelqu'un de bien, je mérite donc quelqu'un de bien. Je mérite qu'on m'aime. Ok. Et si j'étais pas quelqu'un de bien? Si ça se trouve, y a une
malédiction qui fait que tous els hommes avec qui je sors (sortirai...) me voient comme quelqu'un d'horrible, et que tous mes amis ont des oeillères. (C)riez pas, je sais, c'est absurde. Mais je
suis quand même pas con au point de me faire avoir comme je suis fait avoir la dernière fois! Donc y a un truc qui cloche, chez moi (bon, chez les hommes avec qui je suis sortie aussi hein, mais
si j'ai toujours le même schéma, c'est pas pour rien, Little Bouddha peut le confirmer, elle a une théorie sur le sujet. Alors bon, le dernier faisait un peu exception - d'où la nostalgie -mais
vu la fin catastrophique, il est dans le même panier que les autres). Donc je cherche le truc qui cloche, et je comprends pas ce que c'est. Parce que visiblement sur tous les mecs de la planète y
en a pas un qui peut me supporter, m'aimer, ne pas me faire de mal, et me plaire en même temps.
Bref, je divague, j'ai le pensées floues ce soir. Mais le noeud est quand même là, et je sais pas trop comment le faire passer.
On verra bien...
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